Google Forms – L’analyse critique

Comme pour tout outil, Google Forms peut être analysé selon différents axes. Mon analyse se structure autour des différentes fonctionnalités et applications que Google Forms met à disposition de l’utilisateur. De manière exhaustive, l’analyse se composera donc des éléments suivants :

    • L’ergonomie
    • Le paramétrage et la structure du questionnaire
    • Les types de question et leur paramétrage
    • Les filtres
    • La diffusion
    • L’exploitation des résultats

1) L’ergonomie

Il s’agit sans doute d’un des points forts de l’outil développé par Google. En effet, l’ergonomie permet une prise en main assez rapide. Les modifications des questions et de leur ordre est simplifiée.

Cependant, on peut pointer quelques petits défauts : les cases prévues pour taper le texte des questions ou des modalités de réponse sont fixes. Si le texte est trop important, on ne peut pas voir tout le texte tapé. Cela ralentit les corrections éventuelles à faire.

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2) Le paramétrage et la structure du questionnaire

Le paramétrage du questionnaire se fait assez facilement (paramètres affichés tout en haut de l’onglet de création du questionnaire). Les options de paramétrages sont peu nombreuses. Pour un public initié cela présentera une grande limite. Mais, pour un outil destiné aux néophytes, c’est une force.

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Le fait de pouvoir limiter une réponse par personne est une bonne idée en soit. Le problème est que Google le fait à partir des comptes Google des utilisateurs. Cela pose deux problèmes : il faut que la population visée par le questionnaire ait un compte. Le second est au niveau de la collecte de données. Cela peut sous-entendre que Google associe les réponses aux comptes Google. De mon point de vue, l’utilisation des Cookies aurait été plus judicieuse pour limiter les réponses à un utilisateur.

Concernant la structure du questionnaire, Google Forms nous offre une fonctionnalité intéressante. En effet, nous pouvons répartir les questions sur plusieurs pages. Cela permet de faire des regroupements de questions selon les thèmes.

3) Les types de questions et leur paramétrage

a : remarques générales

Sans aller dans le détail, lorsque nous sommes habitués à une large diversité dans les types de question, le panel offert par Google Forms nous paraît assez restreint. Ceci étant, cela permet également au néophyte de s’y retrouver plus facilement. Malgré tout, notons l’absence du type géolocalisation, qui aurait pu être mis en place sans réelles contraintes techniques grâce à Google Maps.

Erreurs dans les intitulés : deux types de question ont été mal nommés. Cela est peut-être une erreur de traduction.

Le type question à choix simple est devenu question à choix multiples. Je comprenais mal pourquoi, dans le cas de question du style oui/non (variable booléenne), le format était celui de la question à choix multiple.

Par ailleurs, le type de question à choix multiple s’appelle « cases à cocher ». Cette expression ne veut rien dire d’un point de vue technique.

Enfin, le type « Grille » peut apparaître assez flou dans ce qu’il désigne pour une personne non habituée.

Dans une autre optique, nous pouvons noter qu’il n’y aucune option d’encodage des questions ou des modalités. L’encodage sert à attribuer un code à une question ou à une modalité. Ce code sera repris dans la base de données. Il s’agit d’un élément primordial pour l’exploitation des résultats

b : remarques détaillées par type de question

  • Question à choix simple (« Choix multiples » dans Google Forms) : en-dehors de la faute de nomenclature, il n’y a rien à redire.
  • Question à choix multiples (« Cases à cocher ») : Le premier point est que dans le paramétrage du nombre de choix à cocher, on ne peut pas poser deux conditions en même temps. Il faut donc choisir entre une égalité, un minimum, ou un maximum de choix possibles à sélectionner. Le second point l’absence de la fonction filtre pour ce type de question. Je reviendrai plus tard sur les filtres.
  • Texte court (« Texte ») : Lorsque les paramètres disponibles sont développés, le type texte est très intéressant. On peut notamment formaté le texte saisi sous forme numérique ou nominale. Google Forms permet le paramétrage numérique. Cependant, là encore on ne peut choisir qu’une option (Entier, Compris entre, Supérieur à etc.). Le problème est lorsque vous avez un format numérique particulier, un seul critère n’est pas suffisant. Par exemple, si vous voulez demander une année (le type format date ne permet pas de ne demander que l’année), vous allez demander une valeur entière. Cependant, pour éviter des données aberrantes (un chiffre un trop ou année non possible telle que 2560 en année de naissance) il faut que la valeur soit comprise entre 1900 et 2015. Quant au paramétrage nominal, il contient des options intéressantes : le format url ou le format mail.
  • Texte long (« texte de parapgraphe »): Le premier point à noter est, comme pour les autres types, on ne peut choisir qu’un paramètre au niveau de la taille du texte à saisir, soit un maximum, soit un minimum. L’autre point est le fait que l’utilisateur n’a pas de compteur pour lui dire combien de caractères il a tapés.
  • Echelle (« Echelle d’évaluation ») : Ce type sert à attribuer une note. Le problème de ce type vient du fait que Google Forms limite la notation. Cette dernière ne peut aller que de 0 à 10. Par ailleurs, les filtres ne sont pas possibles.
  • Menu déroulant (« Sélectionner dans une liste ») : il s’agit du même type que la question à choix simple. La seule différence est la présentation des modalités. Ces dernières sont présentées dans un menu déroulant. Tout comme pour la question à choix simple, il n’y a rien à redire sur les fonctionnalités.
  • Tableau (« Grille ») : afin d’optimiser la durée du questionnaire, lorsque plusieurs questions à choix simples connaissent le même paramétrage et les mêmes modalités de réponses, vous pouvez les réunir en une seule question de type tableau. Cela vous permettra de gagner du temps. Par ailleurs, les répondeurs auront l’impression de répondre à moins de questions. Le problème est que le type « Grille » de Google Forms ne permet pas le mettre des filtres pour ce type de questions.

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  • Les types Date et Heure : pour ces deux types, il n’y a rien à noter de particulier.

4) Les filtres

a : remarques générales

Les filtres servent à gérer automatiquement le chemin de réponse d’un répondeur. En effet, dans les questionnaires papiers, on a souvent des mentions du genre « Si vous avez répondu ‘A’ à la question W, veuillez répondre à la question X, sinon passez à la question Y ». Lorsqu’il s’agit de questionnaires en ligne, les filtres peuvent être gérés informatiquement. Cela permet de soulager le répondeur et d’optimiser la qualité des réponses.

Avec Google Forms, les filtres ne fonctionnent que pour les questions à choix simple (« choix multiple ») et les questions à menu déroulant (« sélectionner dans une liste »). En tant que tel, c’est déjà une limite importante. Par ailleurs, cela est d’autant plus limitatif que la gestion des filtres par Google Forms est très rigide.

Avant même de vouloir les utiliser, notons que leur nom dans Google Forms, « Ouvrir une page en fonction de la réponse« , rend l’option invisible lorsqu’on est habitué aux appellations standardisées.

b : utilisation pratique

Dans la pratique, l’utilisation des filtres alourdit le questionnaire. En fait, au lieu de ne faire apparaître qu’une question en fonction de la réponse sélectionnée, cela renverra vers une page. On peut facilement arriver à un questionnaire d’une dizaine de pages alors qu’il ne contiendra qu’une vingtaine de questions. Cela est accentué par le fait que le filtre n’est pas paramétré au niveau de la question filtrée (celle qui apparaît en fonction des réponses), mais, le filtre est paramétré au niveau de la question filtre (celle qui dont dépend la ou les question(s) filtrée(s)).

Le problème ne va pas forcément vous sauter aux yeux. En fait, habituellement, les logiciels de gestion de questionnaire vont créer un détour dans le chemin de réponse pour inclure la question filtrée. Dans le cas de Google Forms le filtre ne crée pas un détour, il crée de nouveaux chemins. L’utilisateur va donc devoir correctement baliser chaque chemin de réponse créé. Cela se fait en deux parties. La première partie est d’indiquer, pour la question filtre, les modalités qui renvoie vers la page de questions filtrées et celles qui doivent renvoyer vers la page des questions communes suivantes. La seconde partie est d’indiquer, pour la question filtrée, qu’il faut rejoindre la page des questions communes. Et cela, ce n’est que dans l’hypothèse où il n’y qu’un seul niveau de filtre.

Par ailleurs, cette conception crée un dysfonctionnement. S’agissant de la question filtrée, pour indiquer qu’il faut rejoindre la prochaine page de questions communes, cela se fait par un filtre. Or, j’ai précédemment précisé que les filtres ne sont possibles que pour les questions à choix simple ou à menu déroulant. Ainsi, vous ne pourrez pas utiliser de filtres si vos questions filtrées ne sont pas des questions à choix simple ou à menu déroulant.

5) La diffusion

La diffusion reste limitée à une URL que vous devrez diffuser vous-même auprès de vos contacts. Si vous avez une base de données avec des adresses emails, je vous conseille d’utiliser le logiciel de gestion d’emailing EMA.

6) L’exploitation des résultats

Google Forms propose deux manières d’exploiter les résultats. La première est la génération automatique d’un rapport. Ce dernier est composé des graphiques et de tableaux de pourcentages. Ce qui est dommage est le fait qu’on ne puisse pas choisir quelle questions afficher, ou, quel type de graphique utiliser. Certaines questions ne sont pas pertinentes à afficher dans un rapport. Par exemple : si vous demandez l’adresse email. Pour le type de graphique, celui-ci est attribué automatiquement selon le type de question. Par exemple, les questions à choix simple ou menu déroulant, seront présentées sous forme de camembert. Ce type de graphique est connu pour biaiser les proportions. Enfin, nous pouvons déplorer le fait que pour les question du type échelle (le principe étant d’attribuer une note) qu’il n’y ait pas de statistiques descriptives (moyenne, médiane, écart-type etc.).

Les résultats sont également exploitable grâce à une base de données générée automatiquement sous forme d’un tableur. Dans la partie 3), j’ai noté l’absence de choix dans l’encodage des questions et des modalités. Cela fait que la base de données qui est générée est inutilement alourdie par le label (nom complet) des questions et des modalités. Mais le principal problème est le mauvais encodage des questions à choix multiple. Normalement, ces dernières sont considérées comme un groupe de variables booléennes (variables binaires) de la forme oui/non, à chaque modalité de réponse correspond une variable booléenne. Or, dans la base de données générée par Google Forms, il n’y a qu’une seule variable pour toute la question. Si un répondeur a coché plusieurs choix, tous les choix seront concaténés dans la même case. En connaissant les bonnes formules, cela peut être résolu. Cependant, cela fait inutilement perdre du temps.

Conclusion :

Comme pour ma synthèse, je ne recommande pas Google Forms aux débutants. Ces derniers risquent de compromettre l’intégrité de leur questionnaire sans pouvoir sans rendre compte.

Par ailleurs, cette analyse détaillée nous montre que Google Forms n’est pas non plus adapté aux initiés. En effet, au mieux il ralentira votre travail. Au pire, il ne vous ne permettra pas de répondre à tous vos besoins.

Malgré tout, notons qu’avec quelques améliorations dans sa conception, Google Forms pourrait être un outil utilisable dans un cadre professionnel ou étudiant. Mais pour l’heure, il n’est utile que dans le cadre de sondages minimalistes sans besoin technique particulier.

E Blondel