12 conseils pour concevoir un questionnaire

Introduction :

La multiplication des outils gratuits de création et gestion de questionnaires ont permis de démocratiser la conception d’un questionnaire. Cela étant, comme toute spécialité, la gestion d’enquête ne s’improvise pas. Il est important d’avoir des bases méthodologiques afin de concevoir un questionnaire. Ici, il ne s’agira pas de vous faire un cours les bases théoriques et méthodologiques de la gestion d’enquête. En effet, vous trouverez douze conseils pratiques qui vous permettront de vous assurer de la qualité de vos questionnaires.

1-/ Répondre au QQCOQP

Le QQCOQP ([pour]Qui, [pour]Quoi, Comment, Où, Quand, Pourquoi) va poser les bases de n’importe quelle étude. Répondre à cette série de questions va vous permettre d’avoir un champ d’action clairement délimité. Par ailleurs, dans le cadre d’un questionnaire, les réponses à ces différentes questions seront interdépendantes. Les moyens de diffusions influenceront les informations récoltées et les cibles pouvant être touchées. De la même manière, selon les informations que nous souhaitons obtenir, les méthodes seront influencées.

D’un point de vue pratique, au-delà des formes prises par votre questionnaire, répondre à ces questions vous permettra de poser les critères dont dépendront les questions que vous formulerez : les informations à récolter (âge, sexe etc.), la forme de l’information (données quantitatives, ordinales, nominales etc.), l’encodage dans la base de données etc. Les personnes non statisticiennes, qui réalisent des questionnaires, anticipent assez peu les traitements statistiques possibles selon le type de données obtenues.

Afin de répondre au mieux au QQCOQP, je vous conseille d’entamer cette démarche avec des représentants des différentes disciplines qui ont un lien avec votre questionnaire.

2-/ Réfléchir en terme d’informations et non de questions

Cela peut paraître évident de le dire. Cela étant, la démarche n’est pas toujours instinctive dans la manière de s’interroger sur un sujet.

L’intérêt de réfléchir en termes d’informations est double. Dans un premier temps, cela vous permet d’adapter vos questions pour obtenir des données dont la forme sera optimisée pour vos analyses ultérieures. Dans un second temps, cela vous aidera à limiter le nombre de questions. En fait, certaines informations peuvent être déduites à partir d’autres informations. Ainsi, vous pourrez ne pas avoir à poser des questions car vous créerez vous-même certaines informations. De la même manière, une même question, dont la forme a été adaptée pour, peut vous permettre d’obtenir plusieurs informations.

3-/ Limiter au maximum le nombre de questions apparentes

Dans le point précédent, j’ai implicitement introduit la limitation du nombre de questions. En fait, il est important de limiter au maximum la longueur d’un questionnaire. Plus un questionnaire sera long, plus il y a de chance que le répondeur ne le finisse pas. En fait, il s’agit notamment de l’impression de longueur qu’aura le répondeur qui sera pénalisante. Ainsi, lorsqu’il n’est pas possible de réduire le nombre d’informations demandées, il reste tout de même possible de travailler la forme du questionnaire.

Pour ce faire, vous aurez à votre disposition deux outils très importants : les sous-questions et les filtres automatiques.

4-/ Utiliser les sous-questions

Les outils professionnels (libres ou propriétaires) proposent un catalogue approfondi de type de questions. Ainsi, on peut retrouver ces types déclinés en format multiple / avec des sous-questions. Ainsi, lorsque plusieurs de vos questions seront formatées de la même manière, vous pourrez les rassembler en une seule : exemple.

5-/ Utiliser les filtres automatiques

Toutes les questions ne concerneront pas forcément tous les répondeurs. Ainsi, les filtres automatiques (uniquement possibles pour des questionnaires administrés par informatique) pourront faire apparaître les questions en fonction de critères choisis.

6-/ Limiter les questions obligatoires

Il paraît évident que si vous intégrez une question, vous voulez forcément une réponse. Cependant, un répondeur n’aura pas forcément envie de répondre à toutes les questions. De la même manière, il peut arriver que pour une question, le répondeur ne sache quoi répondre ou ne puisse pas répondre. Dans le cas d’un questionnaire papier, cela n’aura pas d’importance. Cependant, dans le cas d’un questionnaire en ligne, le répondeur ne pourra pas valider les réponses qu’il aura renseignées et abandonnera totalement la complétion du questionnaire. Ou alors, les réponses indiquées seront délibérément fausses afin de poursuivre le questionnaire.

Je vous conseille vivement de limiter les questions obligatoires. De la même manière, assurez-vous que les questions que vous rendez obligatoires ne concernent pas des sujets sensibles ou ne sache pas quoi répondre. En outre, je déconseille vivement de rendre obligatoire des questions au format texte non formaté.

7-/Limiter la discrétisation des données

La discrétisation des données consiste à regrouper des données quantitatives selon des tranches de valeur (exemples : de 0 à 5, de 5 à 10, supérieur à 10). Parfois, cela peut être utile dans la mesure où le répondeur se voit déchargé d’un effort pour fournir l’information demandée. Cependant, on perd de la finesse dans l’information.

8-/ Discrétiser de manière pertinente

Pour reprendre le point précédent, la discrétisation peut être utile. Cela dit étant, elle doit être pertinente. Les tranches de valeur doivent être déterminées en fonction de la population visée. Par zèle, il m’arrive de répondre à des questionnaires uniquement dans le but de voir comment ils ont été faits et de repérer leurs points forts et faibles. Il arrive fréquemment que l’âge y soit discrétisé sans forcément prendre en compte la population qui sera visée. Ainsi, lorsque je vois qu’un questionnaire qui vise essentiellement des jeunes de 15 à 30 ans avoir une tranche de valeur de 18 à 30 ans, je souris.

9-/ Favoriser les données chiffrées

Les données chiffrées ont deux avantages. D’un point de vue de l’analyse et du traitement, les données chiffrées ont l’avantage de pouvoir permettre tous les traitements. En fait, même si vous souhaitez réaliser des méthodes habituellement réservés à des variables qualitatives, vous pourrez toujours les discrétiser. A l’inverse, si vous disposez de variables nominales, il sera impossible d’en faire des variables réellement quantitatives.

D’un point de vue des biais de compréhension, une donnée chiffrée sera plus « objective » qu’une donnée qualitative. Pour illustrer mon propos, prenons l’exemple de la fréquence. Imaginons que nous souhaitions savoir à quelle fréquence le répondeur mène une activité précise. Si nous lui posons la question suivante : à « quelle fréquence faîtes-vous cette activité ? » en proposant les choix de réponse « souvent », « régulièrement », « occasionnellement », « rarement », « jamais », vous ne saurez pas quelle est la fréquence exacte. De plus, d’une personne à l’autre, les échelles de valeur ne seront pas les mêmes. Pour vous, souvent veut peut-être dire « entre 5 et 10 », mais pour le répondeur, cela veut peut-être dire « entre 15 et 20 ».

10-/Faire des groupes de questions

Faire des groupes de questions permet de regrouper les questions selon des thématiques ou sujets précis et de présenter une certaine cohérence entre les questions présentes sur une même page. Cela apporte une structure et permet au répondeur de se situer dans son avancé (notamment lorsqu’il y a une barre de progression).

Notons qu’il faut tout de même limiter le nombre de groupes. Un nombre trop important de groupe donnera une impression de longueur au répondeur.

11-/Simplifier le plus possible la formulation de vos phrases

Cela est à comprendre de plusieurs manières différentes. Dans un premier temps, il s’agit de la construction de vos phrases. Vous devez être concis. Plus vos questions seront longues, plus le répondeur devra consacrer du temps à la lire.

Deuxièmement, plus une phrase est complexe dans sa construction, plus elle sera difficile à comprendre. Des phrases trop complexes peuvent mener à des biais de compréhension ou énerver le répondeur qui devra faire un effort de réflexion.

Enfin, utilisez un langage courant et compréhensible par le plus grand nombre. A moins que vous visiez un public particulier qui comprendra une sémantique dédiée, vous vous devez de rester accessible à la compréhension du plus grand nombre.

12-/Tester le questionnaire

Il faut tester votre questionnaire sou deux anglais. Le premier angle est l’angle technique. Vous devez vérifier que tous les paramètres que vous définis fonctionnent correctement et permettent le bon déroulement de votre questionnaire Cela peut paraître évident, écrit ainsi. Malgré tout, il m’arrive régulièrement de tomber sur des questionnaires dont le paramétrage n’avait pas été vérifié et cela donnait des résultats amusant. Exemple : la possibilité de cocher « homme » et « femme » en même temps à la question sexe.

Le second angle est celui de la perception de votre questionnaire. Il faudra demander à plusieurs personnes de tester votre questionnaire pour noter d’éventuels problèmes de compréhension ou de difficultés à répondre.

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